Entre communisme et capitalisme, la Chine avance. Barclays vient d'annoncer que la China Development Bank, l'un des bras financiers de Pékin, entrait à son capital. Le Parti communiste chinois se fait donc investisseur dans un fleuron de la finance mondiale. Le symbole est frappant et surtout révélateur du nouveau rôle que veut se donner la Chine sur la scène économique. Il y a quelques jours, on apprenait que, avec une croissance de plus de 11 %, elle avait supplanté l'Allemagne pour devenir la troisième puissance mondiale, derrière les Etats-Unis et le Japon. Fin mai, une société étatique chinoise avait pris 10 % de Blackstone, le plus important fonds d'investissements américain.
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Sur le plan économique, la donne a radicalement changé en Chine ces derniers mois : ce pays-continent, qui croit au capitalisme, a résolument décidé d'en tirer le meilleur parti. Il est donc sorti de son rôle exclusif d'atelier du monde, pourvoyeur d'une main-d'oeuvre bon marché, pour devenir investisseur. Il a les moyens d'acquérir des entreprises occidentales. Ses réserves de change - 1 330 milliards de dollars à la fin juin -, qui servaient d'abord à financer les déficits américains, via les obligations du Trésor, sont désormais investies dans les multinationales. Elles représentent la capitalisation boursière des trois premières sociétés américaines : Exxon, General Electric et Microsoft. A lui seul, l'excédent de réserves attendu en 2007 et en 2008 pourrait permettre à la Chine de s'offrir les deux géants bancaires américains que sont Citigroup et Bank of America.
Pour l'heure, Pékin ne prendra pas le risque de s'attaquer à ces incarnations de la réussite américaine, d'autant que, jusqu'ici, les entreprises étrangères n'ont eu qu'un accès limité à leurs concurrentes chinoises. La Chine a déjà fait les frais du patriotisme économique de Washington : en juin 2005, la China National Offshore Oil Corp s'était vu refuser le rachat d'Unocal pour ce motif. Pragmatique, la Chine a compris le message. En choisissant d'entrer au capital de Blackstone, elle ne s'attaque pas frontalement à une entreprise américaine. De même, en Europe, c'est sur Barclays qu'elle mise.
A l'inverse de Paris ou Berlin, Londres n'a que faire du nationalisme économique et se flatte d'attirer des investissements étrangers de tous bords. Le Royaume-Uni ne semble pas s'inquiéter de l'opacité financière des entreprises chinoises, et notamment des banques, dont plusieurs ont été au coeur d'affaires de corruption. Angela Merkel, la chancelière allemande, a plusieurs fois mis en garde contre les fonds d'Etat étrangers. Peter Mandelson, commissaire européen au commerce, s'est dit favorable à une action de la Commission de Bruxelles "qui garantirait le contrôle européen des secteurs vitaux". Les pays occidentaux devraient exiger de Pékin la réciprocité en matière de transparence des comptes ou d'ouverture du capital de ses propres entreprises.
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Pour l'heure, Pékin ne prendra pas le risque de s'attaquer à ces incarnations de la réussite américaine, d'autant que, jusqu'ici, les entreprises étrangères n'ont eu qu'un accès limité à leurs concurrentes chinoises. La Chine a déjà fait les frais du patriotisme économique de Washington : en juin 2005, la China National Offshore Oil Corp s'était vu refuser le rachat d'Unocal pour ce motif. Pragmatique, la Chine a compris le message. En choisissant d'entrer au capital de Blackstone, elle ne s'attaque pas frontalement à une entreprise américaine. De même, en Europe, c'est sur Barclays qu'elle mise.
A l'inverse de Paris ou Berlin, Londres n'a que faire du nationalisme économique et se flatte d'attirer des investissements étrangers de tous bords. Le Royaume-Uni ne semble pas s'inquiéter de l'opacité financière des entreprises chinoises, et notamment des banques, dont plusieurs ont été au coeur d'affaires de corruption. Angela Merkel, la chancelière allemande, a plusieurs fois mis en garde contre les fonds d'Etat étrangers. Peter Mandelson, commissaire européen au commerce, s'est dit favorable à une action de la Commission de Bruxelles "qui garantirait le contrôle européen des secteurs vitaux". Les pays occidentaux devraient exiger de Pékin la réciprocité en matière de transparence des comptes ou d'ouverture du capital de ses propres entreprises.
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